Ami Jean (L')
La décoration hors d’âge envoie un signal trompeur. Depuis 17 ans, Stéphane Jégo fait semblant de tenir un vieux rade pour des soiffards sans manière alors qu’il cuisine à l’émotion. S’il lui arrive de crier, c’est pour la bonne cause : régaler les plus fines gueules de la planète avec des plats plus sophistiqués qu’ils n’en ont l’air. Le riz au lait, parlons-en ! Crémeux, croquant, avec juste un peu trop de sucre et ce qu’il faut de sel, pour rendre fou dès la première cuillère et faire tenir l’envie jusqu’à la dernière. Qui dit mieux ? Le chef cache une réjouissante créativité dans les détails de ses plats basiques, comme avec ces cheveux d’ange qui craquent sur un filet de bar fondant, ou cette poudre inventée à base de thym, romarin et basilic brûlés accompagnant la redoutable terrine. Au déjeuner, le menu en quatre services propose l’étendue de son savoir-faire, défendu avec humour par une équipe de salle qui sait s’adapter à son public. Au tarif d’un plat d’une gargote du quartier des Invalides. Même les vins au verre montrent l’ouverture d’esprit et la volonté de fidéliser les clients quand tant d’autres cherchent à les tondre vite fait pour ouvrir ailleurs. Possibilité d'emporter un repas complet ou simplement le fabuleux riz au lait.
Potage petits pois, parmesan - Filet de bar, crémeux de lentilles, cheveux d'ange (jeu de texture parfaitement maîtrisé) - Joue de veau confite au bouillon, puis rôtie (avec du fenouil braisé, une grande réussite) - Riz au lait, crème anglaise, caramel beurre salé (toujours imité, jamais égalé, et pas seulement parce que le riz est sélectionné).




